Orange Afrique : "En 2050, le paiement mobile, l'agriculture et l'énergie pèseront plus que la connectivité" (Mettling)

12 May 2017

Actualités de la convergence

Bruno Mettling, le directeur général adjoint d'Orange, Zone Afrique et Moyen Orient. Directeur général adjoint d’Orange et à la tête des activités en Afrique et au Moyen-Orient, Bruno Mettling explique à La Tribune sa stratégie sur ce continent. Outre les télécoms, l'opérateur n'hésite pas à se diversifier dans des domaines, au premier regard, éloignés de ses activités traditionnelles.

Lorsqu'il arrive chez Orange en 2010, Bruno Mettling fait figure de pompier. … Il y a tout juste un an, Bruno Mettling prend la tête des activités en Afrique et au Moyen-Orient d'Orange. Le poste est stratégique puisque, sur ce continent, Orange ne cesse de se diversifier. En témoignent ses investissements dans le paiement mobile, l'énergie ou l'agriculture.

LA TRIBUNE - En 2016, vos résultats ont été mitigés en Afrique, où le chiffre d'affaires n'a progressé « que » de 2,6% à 5,2 milliards d'euros. Comment l'expliquez-vous ?

BRUNO METTLING - Je n'ai pas la même lecture que vous. Certes, notre croissance en 2016 a été inférieure à celle de 2015, mais elle reste à nouveau supérieure à celle de l'Afrique subsaharienne et de nos concurrents. Le chiffre d'affaires continue donc de progresser, et l'Ebitda reste stable. Pour autant, il est vrai que nous faisons face à un ralentissement conjoncturel en Afrique. Même si nous ne sommes pas présents dans les pays pétroliers, leurs difficultés économiques impactent tout le continent. En outre, à l'instar de ce qu'on a connu en Europe, la compétition est de plus en plus forte sur les prix et c'est heureux pour le consommateur. Enfin, nous sommes confrontés sur le trafic international à de nouveaux acteurs comme WhatsApp. Tout cela pèse sur notre croissance et notre rentabilité. A l'inverse, nos relais de croissance (Orange Money, data mobile et B2B) ont réalisé de belles performances.

En Afrique, quel est votre revenu moyen par abonné ?

Il est généralement de 4 à 5 dollars par mois, à comparer avec des moyennes en Europe parfois jusqu'à dix fois plus importantes. Pour nous, l'Afrique est donc clairement un marché de volume. Aujourd'hui, nous avons 120 millions de clients, contre 110 millions fin 2015. Sur ce continent, l'activité télécom vit sur une économie de l'éphémère : c'est un marché de cartes prépayées et de multicartes SIM. Chaque matin, il faut convaincre l'utilisateur de préférer notre réseau. Mais cette situation présente aussi des avantages : ainsi la monétisation de la data est plus aisée. En Afrique, le taux d'Ebitda est comparable à celui qu'on observe dans le reste du groupe.

Beaucoup d'Africains, notamment les plus jeunes, n'ont toujours pas accès au mobile. Que faites-vous pour répondre aux besoins de ces populations ?

D'autre part, on fait tout pour démocratiser l'accès au smartphone. Aujourd'hui, un terminal mobile classique coûte de 15 à 30 dollars, un smartphone 4G environ 75 dollars : c'est encore trop cher, et nous collaborons avec les constructeurs pour obtenir des tarifs moins onéreux. Enfin, il convient également d'avoir une politique tarifaire adaptée au budget des gens. Au Sénégal, par exemple, nous avons baissé les prix de l'Internet fixe de 15% et ceux de la data mobile de 24%. L'idée étant de favoriser leur développement, et donc d'attirer de nouveaux clients.

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source : Par Delphine Cuny et Pierre Manière | 28/04/2017-