Côte d’Ivoire : le nouveau paysage audiovisuel

9 March 2017

Règlementations

30 jan. 2017

Extrait de l’interview de TV France International avec Myriam Habil, l’attachée audiovisuelle régionale basée à Abidjan avec des compétences sur le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

J’ai occupé cette même fonction à Kinshasa en République Démocratique du Congo avec compétence sur l’Afrique centrale de 2008 à 2012, et auparavant j’étais conseillère technique auprès du ministre de la communication à Bangui en Centrafrique. Diplômée d’un DEA en économie et d’un magistère médias et économie, je me suis d’abord tournée vers un poste de VIA économiste correspondante du trésor à Madagascar pendant deux ans et cette expérience m’a incité à poursuivre mon parcours au cœur de l’Afrique à Bangui !

TV France International : Quels genres de programmes rencontrent le plus de succès en Côte d’Ivoire et/ou sur les territoires que vous couvrez ?

Myriam Habil : Comme dans beaucoup de pays d’Afrique de l’ouest et centrale, les études d’audience sont très peu développées. Cependant nous remarquons une forte appétence de la population pour les séries télévisées africaines, les films africains, les comédies francophones et les films d’action, ainsi que pour le sport et le foot en particulier. On notera à ce sujet la volonté de la Haute autorité de la communication et de l’audiovisuelle ivoirienne de mettre en place un système crédible de mesure d’audience dont l’enjeu est primordial en raison de l’avènement imminent de la TNT et de la libéralisation du secteur télévisuel en Côte d’Ivoire.

TV France International : Quelles sont les actions audiovisuelles mises en place par le poste pour promouvoir la production française ?

Myriam Habil : L’Ambassade de France et l’Institut français de Côte d’Ivoire ainsi que les pays de ma zone organisent régulièrement des événements au sein des Instituts et hors les murs pour promouvoir la production française. Par exemple à Abidjan, nous avons soutenu les trophées du cinéma francophone en décembre 2015 et les premiers Rendez-vous du cinéma francophone d’Unifrance. Nous favorisons la production française récente pour attirer le public vers les films et les séries françaises et nous impliquons systématiquement les acteurs français de l’audiovisuel dans toutes les activités leur permettant de valoriser leurs actions.

TV France International : Comment, selon vous, va évoluer le paysage audiovisuel ivoirien dans les prochaines années ?

Myriam Habil : La Côte d’Ivoire va basculer vers la TNT à partir d’un paysage audiovisuel composé de deux chaînes publiques hertziennes et de quatre opérateurs privés satellitaires.

Fin 2017, les téléspectateurs auront accès à une douzaine de chaînes en clair et à deux opérateurs privés de chaînes payantes, ainsi qu’un accès à la VOD, la catchup TV replay et toute autre possibilité qu’offrent les technologies du numérique terrestre.

L’enjeu majeur pour les autorités ivoiriennes c’est d’obtenir du contenu attractif et accessible au plus grand nombre avec pour perspective la création d’une véritable industrie audiovisuelle ivoirienne qui puisse « vendre des productions de qualité aux futures chaînes TV et autres diffuseurs de contenus du large marché qu’offre l’Afrique francophone ».

Ainsi, l’Etat a créé en 2008, une structure exclusivement destiné au cinéma : l’Office National du Cinéma de Côte d’Ivoire (ONAC-CI), qui est fonctionnel depuis 2011 avec un fonds dénommé Fonds de Soutien à l’Industrie Cinématographique (FONSIC).

Depuis 2012, le FONSIC accorde chaque année un appui à la production de divers projets de films en Côte d’Ivoire : RUN de Philippe Lacôte, Braquage à l’Africaine d’Owell Brown, Sans Regret de Jacques Trabi, la série Chronique Africaine de Marie-Christine Amon, etc.

En 2014, la Côte d’Ivoire se dote de la Loi N°2014-426 du 14 Juillet 2014 relative à l’industrie cinématographique.

Les perspectives économiques de la libéralisation de l’espace télévisuel poussent les opérateurs audiovisuels privés à redoubler de créativité et de professionnalisme pour être les acteurs du paysage audiovisuel ivoirien de demain et rayonner sur la zone.

TV France International : Vous avez participé au Discop Abidjan 2016. Quel est votre regard sur ce marché ?

L’un des cinq lauréats récompensé au Discop de Joburg en novembre 2016 est l’ivoirien Kaba Diakité Amadou pour la catégorie Serious Game !

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